Volontariat: Des bénévoles heureux


RTBF La Première
le mardi 14 janvier 2020 à 16h09
Donner du temps pour les autres, sans rétribution, sans obligation, c’est peut-être l’une des bonnes résolutions que vous avez prises en ce début d’année. Nous vous proposons une plongée dans le monde du volontariat. Les bénévoles sont entre un million et un million et demi en Belgique. Qui sont-ils, quelles sont leurs motivations ?

Ils ont tous décidé de donner de leur temps d’une manière ou d’une autre, pour être utile, pour rendre service et pour certains, pour avoir une expérience. Sans contrepartie, ils sont actifs dans le secteur de l’aide aux personnes, mais aussi dans le secteur associatif parfois sportif ou culturel. Ils sont parfois retraités, mais les jeunes bénévoles sont aussi très nombreux.

Volontariat > < emploi

Nicolas Poloczek et Nicole Debarre se sont rendus d’abord au Centre bruxellois de l’Association pour le Volontariat, qui accueille plus de mille candidats bénévoles par an, sans compter les demandes envoyées par mail ou par courrier. La plateforme francophone du volontariat ne publie que les offres de volontariat de ses membres, qui ont signé une charte. Il y a en effet une certaine dérive parfois dans les propositions de volontariat.

Les frontières entre le volontariat et l’emploi sont parfois un peu incertaines. Le volontariat est un travail non rémunéré, un acte libre, donc gratuit, dans une organisation. En cette période de crise, face aux restrictions budgétaires, les associations sont de plus en plus nombreuses à demander des volontaires, ne pouvant plus se permettre d’engager.

Or, il faut savoir qu’on ne peut pas exiger les mêmes choses d’un salarié ou d’un volontaire. Celui-ci vient librement, parce qu’il a décidé d’être là. Il n’a aucun contrat, donc s’il ne vient pas, vous ne pouvez rien lui reprocher. Le volontariat doit rester quelque chose agréable, de court. Le demandeur a quand même un investissement à faire pour l’accueillir, le former, lui donner envie de rester.

Pour certains aussi, le bénévolat est le seul moyen d’acquérir de l’expérience quand on ne trouve pas d’emploi, alors que les employeurs réclament tous de l’expérience.

Des bénévoles heureux

Christian, retraité, occupe le poste d’accueillant des bénévoles. Tous ces contacts l’enrichissent beaucoup. “On rentre dans les coulisses de la société, avec des gens qui servent la société, dans l’ombre. La majorité des bénévoles se situe entre 28 et 45 ans, ce qui n’exclut pas les pensionnés ni les plus jeunes, dont certains sont encore à l’école mais sont poussés par l’altruisme. Certains sont sans emploi et ne veulent pas se tourner les pouces en attendant un job.”

Stéphanie se rend une fois par semaine à la Ligue Braille pour enregistrer des livres récents pour les aveugles. Il faut y mettre suffisamment d’émotion pour que ce soit vivant et agréable à écouter. La vitesse de lecture ne doit pas être trop rapide. Stéphanie respecte le planning de présence qui est prévu, mais en tant que bénévole, une certaine souplesse est acceptée. Elle est heureuse de rendre ce service aux personnes malvoyantes qui auront du plaisir à découvrir le livre.
Elle a également besoin de faire quelque chose d’utile de son temps libre, pour des gens pour qui c’est réellement nécessaire : “J’aime bien l’idée de rendre service dans l’ombre. Personne ne me connaît vraiment, on me connaît juste à travers ma voix.” Elle fait aussi du volontariat dans un magasin Oxfam et quelques traductions pour Plan Belgique, pour un total de 12 ou 13 heures par mois. Ce sont des activités qui lui plaisent et qui ne sont pas contraignantes.

Une oreille précieuse

Au Centre de Prévention du Suicide, 4 professionnels encadrent et accompagnent une soixantaine de bénévoles.

“On se fait une idée tout à fait fausse du suicide, explique Marie, une bénévole. Il faut donc d’abord désapprendre nos réflexes et nos tentatives d’aide, souvent malvenues. Il faut avoir de l’empathie, mais pas une implication personnelle comme avec quelqu’un qu’on connaît réellement, puisque l’appel est anonyme.”

Certains appelants racontent leur vie, d’autres décrivent simplement un mal-être, appellent pour rompre une solitude, et ont juste besoin d’avoir une oreille attentive, quelle que soit la personne qui répond : pouvoir déposer leur tristesse, leur stress, leurs angoisses, leurs peines, et avoir quelqu’un qui les écoute. Certains sont déçus parce qu’ils s’attendent à des conseils, ce que les volontaires ne donnent pas.

“C’est une espèce de danse, explique la psychologue Axelle Dejardin. La personne vient vers vous avec une demande, un appel, une souffrance, des questions. L’idée c’est de la suivre, de vraiment rester à côté d’elle. Si elle s’arrête, on s’arrête, et si elle continue, on continue. Donc ça peut être un tango, ça peut être une valse, un rock’n roll. On reste vraiment accroché à la relation mise en place avec la personne. Mais il est important que ce soit anonyme et ponctuel pour ne pas entraîner un lien d’habitude et de besoin.

Il y a la formation, qui dure de 9 à 12 mois, le stage, puis les supervisions régulières, les bénévoles ne sont jamais lâchés. Avec ces questions de la vie et de la mort, de la souffrance, il est important de pouvoir prendre du recul, faire le point, de réfléchir à comment on est touché et comment ça se répercute dans sa vie.”
 

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